Saveur(s)

Politique


Donner, pour toi ? pour moi ? pourquoi ?





Le prochain Café Essentiel aura lieu ce soir  17 décembre 2007 à 20H au Worldplace sur le thème de la générosité et du don. Il réunira Elie Wiesel, Xavier Emmanuelli (co-fondateur de Médecins Sans Frontières et Président du Samu Social), Emmanuel Faber (Directeur Général Délégué de Danone) et Didier Pineau-Valencienne (Président d'Honneur de Schneider). Il sera animé par Philippe Lefait, présentateur des Mots de Minuit sur France 2.

17/12/2007
0 Poster un commentaire

Education à la santé

    Lancée dans un webmusardage sympathique, j'arrive sur un texte de Philippe Meirieu qui parle d'estime de soi, de navigation à l'estime en commentaire d'un livre qui a l'air passionnant, Favoriser l'estime de soi à l'école.

    Après un passage au vitriol sur la médicalisation du monde, il aborde l'éducation à la santé. Je partage avec vous un extrait qui correspond particulièrement bien à ma vision de la santé. Le voici :

D'une tout autre nature est l'éducation à la santé : elle ne vise pas à faire oublier le symptôme, mais à donner aux personnes les moyens de construire leur santé elles-mêmes, individuellement en élaborant leurs propres normes de comportement, et collectivement en cherchant des solutions aux problèmes qui se posent à elles et menacent leur équilibre. Loin de s'obstiner à masquer les symptômes, elle travaille à permettre à chacun de les regarder en face et de s'interroger sur eux. Loin de se cantonner au face à face entre le patient et le soignant, elle mobilise une équipe qui s'efforce de placer le sujet en situation de lucidité, de lui donner la force et la détermination pour faire face à sa vie et assumer ses engagements. Loin de gommer le contexte local pour réduire la santé à une connexion diagnostic-remède qui serait universelle et intemporelle, elle inscrit délibérément son projet dans la dynamique du lieu, en prenant en compte ses spécificités, les difficultés, mais aussi les richesses de l'environnement. Loin de cultiver l'individualisme et le fatalisme, elle invite chacune et chacun à s'investir dans un travail de transformation collective des conditions de vie. Bref, l'éducation à la santé, c'est la véritable prévention en actes.

    Si vous voulez lire le texte intégral c'est là :
http://www.meirieu.com/PREFACES/estimedesoi.htm

01/12/2007
0 Poster un commentaire

Elimination cruelle, inutilement cruelle

Lu sur Astéroide 433



08/11/2007
1 Poster un commentaire

Vers le tout génétique ?

Le ministère de l'identité nationale prend une mesure pour distinguer les individus en fonction de leur couleur de peau, en fonction de leur religion et en fonction de leur origine : la statistique ethnique...

Cette disposition de la loi Hortefeux a fait l'objet d'un recours devant le conseil constitutionnel.

Une mobilisation massive est nécessaire pour empêcher une telle pratique.

Signez la pétition sur www.fichepasmonpote.com





3 novembre 2007

    Il parait que le Mont blanc a grandi cette année de 7 mètres grâce aux tombées de neige de cet été !

06/11/2007
0 Poster un commentaire

A voté

11h30, dans un bureau pas très fréquenté, je suis allée voter sous un grand ciel bleu. L'urne transparente avait l'air un peu plus pleine que le précédent Dimanche mais pas dans les hauteurs des présidentielles.
Tant pis. Je vais quand même aller dépouiller ce soir, histoire d'être dedans. Pas de suspense mais des rencontres à venir !
Au métro Belleville le camion blanc polonais du dimanche était là, déversant ses litres de bière aux natifs rassemblés, majoritairement des hommes. Je me demande depuis plusieurs mois ce qu'est ce rendez-vous rituel hebdomadaire. Certains visages sont devenus familiers d'autres non. Le grain de peau, la couleur et l'aspect sont parfois déroutant. Ils sont tous jeunes dans la force de l'âge et parlent leur langue qui sonne, dans ce quartier de Pairs, terriblement exotique.

En attendant vingt heures, je retourne mettre mes yeux dans
Le pavé de l'ours, c'est loufoque à souhait et cela parle de Normandie, d'Avranches, du Mont Saint Michel...
Croire que l'on peut partager la colère ou la tristesse avec un nombre indéterminé de compagnons n'est en un sens qu'un beau fantasme, écrit Toshiyuki Horie !

21h15, retour à la maison après le dépouillement. Notre table était hétéroclite et colorée à souhait. Sympa et détendue, difficile pourtant de dire qui a voté quoi ! 5 enfants présents et attentifs, c'était plaisant à voir. Le président du bureau, un peu nerveux. Je suis consternée par le taux de participation 56,9% dans notre bureau, 2/3 à gauche, 1/3 à droite. C'est décidé nous viendrons dépouiller aux municipales, c'est plus animé. Le plus étonnant : la gamme des signatures sur les enveloppes des 24 "blanc et nul".



17/06/2007
0 Poster un commentaire

Racisme ordinaire ? Pas sûr...

Mon amie Sophie qui m'envoie cette histoire me dit que cette scène a réellement eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways
Entre Johannesburg et Londres, une femme blanche, d'environ 50 ans, s'assied à côté d'un noir. Visiblement perturbée, elle appelle l'hôtesse de l'air.

L'hôtesse : Quel est votre problème, Madame?

La femme blanche : Mais vous ne le voyez donc pas? Vous m'avez placée à côté d'un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d'un de ces êtres dégoutants. Donnez-moi un autre siège, s'il vous plait !!

L' hôtesse : Calmez-vous, presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s'il y a une place disponible.

L' hôtesse s'éloigne et revient quelques minutes plus tard : Madame, comme je le pensais, il n'y a plus aucune place libre dans la classe économique. J'ai parlé au commandant et il m'a confirmé qu'il n'y a plus de place dans la classe exécutive Toutefois, nous avons encore une place en première classe.

Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l'hôtesse de l'air continue : Il est tout à fait inhabituel pour notre compagnie de permettre à une personne en classe économique de s'asseoir en première classe. Mais, vu les circonstances, le commandant trouve en effet, qu'il serait scandaleux d' obliger quelqu'un à s'asseoir à côté d'une personne aussi répugnante.

L' hôtesse se tourne vers le noir et lui dit : Donc, Monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège vous attend en première classe.

Et tous les passagers autour, qui, choqués, assistaient à la scène, se levèrent et applaudirent...


14/06/2007
1 Poster un commentaire

Clairvaux

Hier je suis allée visiter Clairvaux. Je n'avais pas en tête que l'abbaye et la maison centrale ne faisaient pour ainsi dire qu'une. De l'abbaye il ne reste rien puisque le premier directeur de ce lieu converti en prison a vendu toutes les pierres de l'abbaye à qui voulait au 19e siècle pour payer les factures de la prison. Il a d'ailleurs été révoqué, non pour ce "crime" mais pour avoir supprimé le lieu de culte puisqu'à cette époque les prisonniers devaient travailler et prier. Il ne reste donc que l'une des granges de l'abbaye à la splendide charpente en châtaigner et le bâtiment des convers dont vous avez un aperçu ci-dessous :


Curieuse visite d'un lieu monacal sur fond de mirador. Etrange ambiance entre le dépouillement cistercien du 12e siècle et la faste des bâtiments monacaux du 18e siècle. Bâtiments aujourd'hui largement en ruine et qui ont longtemps servi d'écrin à 3 prisons avant la construction de la centrale moderne actuelle enchassée dans les anciens murs d'enceinte:

une pour les enfants;
une pour les femmes, et parmi elles Louise Michel;
une pour les hommes, et parmi eux Claude Gueux qui inspira le Jean Valjean de Hugo, Guy Moquet sorti des oubliettes par Sarkozy récemment, Bontemps et Buffet, mutins en 1971 et tristement célèbres derniers condamnés à mort et exécutés à la Santé en novembre 72.

Visite du grand cloitre transformé en prison par Napoléon. Les prisonniers étaient entassés à une 20aine dans des pièces petites avec une lattrine creusée à même la pierre. En application de la loi de juin 1875 de prévention de la récidive, le régime de l'isolement cellulaire devint la règle.

Des dortoirs cellulaires (qui représentaient en 1875 un vrai progrès) furent aménagés à l'aide de cloisons en bois à claire-voie. Les cellules ainsi délimitées sur un espace de 1,5m sur 2m furent appelées "cages à poules", par analogie avec le quartier de la "ménagerie" de la maison d'arrêt parisienne de Saint-Lazare où étaient enfermées les prostituées. Le mobilier de la cellule se composait d'un lit en métal ou en bois, d'un matelas et deux couvertures, d'une tinette (vase de nuit) et d'un broc à eau (dixit la pénitenciaire).  Ce système de cellules préfabriquées est resté en usage à Clairvaux jusqu'en 1971.

Oui vous avez bien lu 1,5m par 2m pour vivre jusqu'en 1971 et si vous ne me croyez pas vous pouvez en voir les vestiges pendant la visite... Cela glace le sang.





Revenons à notre époque

Clairvaux est aujourd'hui est une maison centrale parmi les plus sécuritaires de France pour les longues peines (10 ans et plus). Quelques jours après l'élection du sécuritaire président de la république Sarkozy, je pense utile de relire l'appel de janvier 2006 envoyé au peuple français par dix détenus de Clairvaux ou de relire les analyses des deux mutineries de 2003, à Clairvaux toujours.


Pour un rétablissement effectif de la peine de mort pour nous

A ceux de l'extérieur osant affirmer que la peine de mort est abolie. Silence ! On achève bien les chevaux !...

Nous, les emmurés vivants à perpétuité du Centre pénitentiaire le plus sécuritaire de France (dont aucun de nous ne vaut un Papon) nous en appelons au rétablissement effectif de la peine de mort pour nous.

Assez d'hypocrisie ! Dès lors qu'on nous voue en réalité à une perpétuité réelle, sans aucune perspective effective de libération à l'issue de notre peine de sûreté, nous préférons encore en finir une bonne fois pour toute que de nous voir crever à petit feu, sans espoir d'aucun lendemain après bien plus de 20 années de misères absolues. A l'inverse des autres pays européens, derrière les murs gris de ses prisons indignes « la République des Lumières et des libertés » de 2006 nous torture et nous anéantit tranquillement en toute apparente légalité, « au nom du peuple Français », en nous assénant en fonction du climat social ou à la faveur d'un fait divers ou encore d'échéances électorales, mesures répressives sur mesures répressives sur le fondement du dogme en vogue du « tout sécuritaire. »..érigé en principe premier supplantant tous les autres.

Qu'on se rassure : de nos jours, ici, même « les mauvaises herbes ne repoussent plus. » I1 n'y a que le noir et le désespoir De surenchères en surenchères : la machine à broyer l'homme a pris impitoyablement le pas.

A quoi servent les peines de sûreté qu'on nous inflige quand une fois leur durée dûment purgée on n'a aucun espoir de recouvrer la liberté ? (depuis l'année 2000 à la Loi Perben II de 2005- on a fait mine de s'appliquer à légiférer en instituant de nouvelles « juridictions de libération conditionnelle », seulement, comme hier le ministre de la justice, les juges d'aujourd'hui à l'oreille de l'administration nous opposent... refus sur refus, nous vouant à des durées de détention à la Lucien Leger).

Pourtant sur « la finalité de la peine » l'Etat français, admettant que nous avons vocation de sortir un jour, et s'inscrivant dans le cadre des recommandations du Conseil de l'Europe a posé pour principe s'étendant aux longues peines et aux (700) condamnés à perpétuité que : « L'exécution des peines privatives de liberté (...) a été conçue non seulement pour protéger la société et assurer la punition du condamné mais aussi pour favoriser l'amendement de celui-ci et préparer sa réinsertion » ? En réalité : tout est au châtiment.

Combien d'entre nous - du moins pour ceux qui ne sont pas décédés depuis - ont déjà purgé plusieurs années au-delà même de leur peine de sûreté de 18 ans sans se voir présenter à ce jour une réelle perspective de libération ? Après de telles durées de prison tout rescapé ne peut que sortir au mieux sénile et totalement brisé. En pareil cas, qui peut vraiment se réinsérer socialement ? En fait, pour toute alternative, comme avant 1981, ne nous reste-t-il pas mieux à trouver plus rapidement dans la mort notre liberté ?

De surcroît, pour nous amener à nous plier à ce sort d'enterré vif, on nous a ces dernières années rajouté murs, miradors, grilles en acier et maintes autres contraintes. Le tout, pour faire taire toute velléité. assorti de « commandos » de surveillants casqués, armés et cagoulés, à l'impunité et aux dérives vainement dénoncées çà et là, dans l'indifférence générale (...n'en croyez rien : il y a ici une place pour vous et pour vos fils. C'est encore plus vrai que jamais à l'heure où l'on préfère supprimer à tour de bras dans les écoles du pays bien des postes d'instituteurs et d'éducateurs pour en lieu et place miser sur l'embauche de toujours plus de nouveaux policiers et surveillants de prison et en érigeant de nouvelles prisons et autant de QHS).

Aussi, parce qu'une société dite « démocratique » ne devrait pas se permettre de jouer ainsi avec la politique pénale visant à l'allongement indéfini des peines, selon la conjoncture, l'individu ou les besoins particuliers : À choisir à notre mort lente programmée, nous demandons à l'État français, chantre des droits de l'homme et des libertés, de rétablir instamment pour nous tous la peine de mort effective.

Clairvaux, le 16 janvier 2006

Soussignés, les susnommés ci-après du mouroir de Clairvaux : Abdelhamid Hakkar, André Gennera, Bernard Lasselin, Patrick Perrochon, Milivoj Miloslavjevic, Daniel Aerts, Farid Tahir, Christian Rivière, Jean-Marie Dubois et Tadeusz Tutkaj


28/05/2007
0 Poster un commentaire