Saveur(s)

Mémoires affectives




    Je n'ai pas vu ce film à sa sortie, je l'ai regardé en DVD tout récemment. Il m'a plu pour de multiples raisons, diverses.
    D'abord c'est un film en français canadien, ce qui a une musique et une tonalité extrêmement particulière. Les paysages d'hiver sont exactement ce que j'avais envie et besoin de voir en ce moment.
    Ensuite parce qu'à la fin du film, le "héros" parle en montagnais, et que cette langue me semble extraordinairement familière. Elle m'a traversée pour venir se nicher quelque part en moi.
    Parce que c'est un hymne à la vie, le chemin de vie dont il est question est extrêmement dur, mais c'est un chemin de vie. Un homme se perd et se retrouve à tâtons. Il ne peut compter que sur ses forces vives (on ne peut pas dire que son clan le soutienne, pauvre homme)
    Parce qu'il fait l'expérience que finalement nous passons notre temps à projeter notre vie sur les autres, et que nous sommes bien incapables le plus souvent de laisser les autres exister en paix à côté de nous, dans leur différence, dans leur vérité.
    Parce que l'acteur qui incarne le héros a un magnétisme terrible, quand même pas de la teneur de celui d'Harvey Keitel (je sais je vais fâcher quelques amis qui ne supportent pas la concurrence ô combien déloyale d'Harvey Keitel) !

    C'est un thriller élégant, intelligent, éprouvant pour le spectateur qui ne sait plus, lui non plus qui croire, et que croire. Film sur la mémoire, mais tellement plus grand  - film sur les relations affectives, et le puzzle qu'elles font de nos vies. L'amour n'est jamais très loin de la haine, et les oscillations sur le fil du rasoir entre les deux (parce qu'après tout, qu'est ce qui les sépare ?). Et oui la mort fait partie de la vie, en permanence, c'est un écheveau à deux brins...



17/02/2008
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