Saveur(s)

Je rousinne

Ce soir me pèse. Les bd me tombent des mains et m'énervent. Les CD sortent du tiroir à musique tant je les trouve mièvres. Ma bal reste sagement vide, comme un lac sans vent. Le ciel est beau, camaïeu de gris, de beige et de tourments. Miroir non vide de mon état intérieur.
Rester en recul, ne pas plonger dans le bain de haine et de petitesse qui se répand. Pourquoi la violence est-elle si contagieuse. Je ne m'y fais pas. Nous voulons tous la même chose, pour quoi nous abimer ? pourquoi nous salir ?

Encore quelque jours et c'est la rupture. Rupture d'espace et de temps. Rupture de proximité subie. Rupture de béton. Enlacer les arbres, m'adosser à eux, m'affronter à eux. Sentir sous mes doigts l'écorce rugueuse, la sève qui coule,l 'énergie qui tantôt m'entraine vers les tréfonds de la terre, tantôt vers la cîme et les nuages. Mais toujours m'enracine. Imaginer ma vie si je me plantais là pour 100 ans, pour mille ans. Ancêtres tant aimés qui ont vu toutes les vicissitudes du monde. Pourquoi tricher ? Pourquoi faire croire qui on n'est pas ?

Sur ma terrasse de bureau pousse un acer palmatus, un de mes arbres préféré. A ses pieds, j'ai planté des grandes marguerites blanches, des fuchsias, un cyclamen rose vibrant, des bégonias red wings, des foutunya, des impatiens blanches. Bref un tapis de verts et de rouge pour lui faire écrin. Quand je sens mes épaules se contracter, mon dos se durcir, je les regarde et je m'arrête. Ils sont ma respiration. Cet érable verdit, rougit, sèche et se refeuille tous les ans. Douce impermanence.

Les arbres sont la mémoire du temps, et l'écorce des archives.


17/07/2007
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