Saveur(s)

Le baton de rosier

    Comme les larmes montent aux yeux puis naissent et se pressent, les mots font de même. Nous devons seulement les empêcher de s'écraser contre les larmes, ou de refouler au plus profond.
    Un lit en premier les accueille : les mots rayonnent. Un poème va bientôt se former, il pourra, par les nuits étoilées, courir le monde, ou consoler les yeux rougis. Mais pas renoncer.

    René Char 1982



    Je ne sais plus écrire des textes de cette furiosité là. Et si leur émotion vibre à l'unisson et me guide à tâtons dans mes bas fonds intérieurs, je demeure dans l'obscurité. Oui je suis encore aveuglée, lourde des couches inutiles, des vêtements accumulés et dont je tarde à me défaire. De ces peurs qui m'étreignent et me font trembler comme un oiseau aux plumes naissantes. De ces habitudes qui bordent mon chemin comme des panneaux signalétiques, tellement ancrées dans mon paysage intérieur que je ne les vois plus. Dans cette obscurité là, rares sont les passeurs assez confiants pour laisser leur barque aux courants souterrains. Pourtant la réponse vient toujours, elle s'invite et surgit à l'improviste, parfois me terrasse, parfois me recouvre de son manteau de froid. Quand les mots frissonnent, quand le vide s'accroit, le labour peut commencer un chemin nouveau.


05/05/2008
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