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Détruire des loups en France

Une fois n'est pas coutume, je recopie intégralement le contenu du billet d'hier de Loup.org parce que je le trouve édifiant à bien des sujets même si je suis totalement ignare en matière de loups.

De quoi s'agit-il ? De l'arrête publié au JO du 20 juin autorisant des opérations de destruction de loups (Canis lupus) pour la période 2008-2009.

Le plafond maximum de loups qu'on pourra prélever légalement reste fixé à 6, comme les deux années précédentes, ce qui est normal puisque depuis deux ans rien n'indique une progression significative du nombre total des loups présents.

Le principal point de conflit entre l'administration et nous subsiste malheureusement à ce stade. Les "tirs de défense" devront être réalisés avec des armes à canon lisse (des fusils, qui ne portent pas très loin). C'est ce que nous demandions, les tirs de défense ayant surtout pour but de montrer aux loups que les moutons sont des proies à risque, pas de "faire du chiffre " de loups abattus. C'est pour cette raison que les associations de conservation (WWF, FNE et FERUS) avaient accepté un assouplissement des conditions de mise en œuvre des tirs de défense.

Mais si aucun résultat n'est obtenu au bout de trois semaines, le préfet pourra autoriser l'emploi de carabines (qui sont mortelles à grande distance et nettement plus précises). Ces tirs seront réalisés par des chasseurs (lieutenants de louveterie et "gardes" assermentés). On glissera alors du tir de défense au tir de prélèvement. Ce mélange des genre est inacceptable, il existe des conditions dans l'arrêté pour déclencher des tirs de prélèvement elles sont ou ne sont pas remplies. L'administration par ailleurs écrit elle-même que les tirs "de prélèvement" doivent être l'exception dans les ZPP, zones de présence permanente de meutes installées, qui occupent et "tiennent" leur territoire et écartent les loups concurrents. Elle écrit aussi que les loups chassant seuls sont nettement plus enclins à tuer des moutons, proies plus accessibles que les ongulés sauvages, lesquels ont la préférence des loups chassant à plusieurs. Abattre un loup d'une meute dans une ZPP, meute souvent réduite en France à un couple, c'est paradoxalement augmenter les probabilités d'attaques sur les troupeaux.

Quoi qu'en dise l'administration, cette dérive est la porte ouverte à une chasse du loup (réservée aux privilégiés introduits auprès des DDAF que sont les louvetiers), les ONG de protection la combattront fermement.


Qu'est-ce qui me choque ?

Le texte est d'un juridisme affligeant....mais c'est le journal officiel !

L'objectif semble d'abord d'effaroucher les loups. Rien de choquant. Si j'étais berger, je pense que j'aurai cela à coeur aussi. Mais comme c'est un travail de longue haleine, c'est couteux en temps, en énergie, c'est à renouveler encore et encore, etc.... Donc c'est plutôt un plan de destruction organisé de 6 loups.

Finalement on apprend qu'un loup isolé est plus "dangereux" pour les moutons qu'un loup en meute parce que sa survie est plus difficile. C'est cela que je trouve le plus intéressant, qui ne sera relayé par aucun média, parce que c'est rudement embêtant. La solution serait peut être plutôt de réintroduire des meutes là où les forêts regorgent de chevreuils qui détruisent les champs des agriculteurs. Mais là les représailles sont moins grandes. On fait des battues au sanglier, rarement des battues au chevreuil. Vous ne trouvez pas cela "bizarre"? Oui évidemment, les chevreuils on les chasse, c'est plus noble. Remettre des loups, cela ferait de la concurrence aux chasseurs, et ça, électoralement, spa possible. Vous ne vous rendez pas compte ! Si les loups se mettaient à attaquer les hommes (du jamais vu, ce sont les chiens errants qui attaquent les hommes et aussi les moutons, mais cela non plus, on ne le dit pas). Pourtant c'est assez simple, si on a supprimé tous les prédateurs naturels de ces bêtes (cerfs, biches, chevreuils, sangliers, renards, à découvrir sur le site de Bonny en Lozère par exemple), c'est à nous d'assurer l'équilibre, équitablement, nous-même ou en réintroduisant leurs prédateurs (les loups, les lynx...). Mais heureusement ils se réintroduisent tous seuls...

Si vous voulez finir sur une note plus douce, allez voir, toujours sur Loup.org,  la vidéo d'une jeune chercheuse strasbourgeoise qui vit seule avec des loups dans la taïga russe, à 500 kilomètres de Moscou. Ce sont des loups qui retournent à la vie sauvage, un jour, le jour où ils sont prêts. Et ce ne sont pas les hommes qui décident quand...



22/06/2008
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